Mon activisme, ma culture et comment je concilie les deux.

Je suis, comme beaucoup de personnes, une assez grande consommatrice de culture en tout genre. Cependant, j’ai aussi des principes que j’aimerais voir respectés partout dans un futur (aussi) proche (que possible). Et, malheureusement, ça pose problème.

  Tout d’abord, qu’est-ce que j’entends par « principes » ? Pour faire simple j’aime à me voir comme une féministe inter-sectionnelle, c’est-à-dire que je me bats du mieux que je peux, autant contre le sexisme que contre le racisme, l’homophobie, la transphobie, le body-shaming, l’islamophobie, etc.

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  Ainsi, cela affecte ma façon de voir la culture que je consomme, autant que le reste du monde qui m’entoure. Je ne peux pas passer sans rien dire devant un panneau de pub raciste, et je ne peux pas regarder une scène transphobe dans un film sans au moins froncer les sourcils. Cependant, ces deux choses ne sont pas complètement assimilables.

  Personnellement, je trouve qu’il est insensé de considérer une oeuvre simplement comme une oeuvre et de s’écrier « Oh, c’est pas grave ! C’est qu’un livre ! » quand on fait face à quelque chose de problématique. On ne peut pas renier l’impact que la culture a sur notre monde. Elle affecte autant les structures de nos sociétés que nos mentalités. Il est donc obligatoire de considérer une oeuvre pour ce qu’elle est : autant une projection qu’un projecteur pour nos sociétés.

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© New Girl, Fox.

  Ainsi, si je parle ici de tout ça, ce n’est pas juste parce que je veux parler d’activisme seul. Je pourrais très bien ne pas m’intéresser les oeuvres d’artistes que je sais problématiques et devenir critique à l’égard de tout objet culturel dans lequel réside des idéaux contraires aux miens. Et je le fais autant que possible. Cependant, le sujet de la compatibilité entre mes convictions et ma consommation culturelle est un problème plus profond.

  Je me pencherais ici d’avantage sur des films et des livres pour appuyer mon propos, mais c’est aussi valable pour toutes les autres formes d’art. Voilà ainsi quelques années que j’entends plus sérieusement à me plonger dans les domaines de la littérature et du cinéma. Cela sous-entend que j’ai eu envie (ou besoin) de me constituer une base de classiques pour pouvoir mieux comprendre certaines oeuvres, avoir des références, etc. Cependant, il arrive que ces incontournables soient les créations d’auteurs-trices aux propos (autant extérieur qu’intérieur à l’oeuvre) problématiques à mes yeux.

  Que faire, alors ? Tout d’abord, je considère que le plus important, c’est de ne pas essayer d’oublier ce qu’on sait de cette oeuvre. Il faut garder en tête, quand on fait face à un livre de H. P. Lovecraft par exemple, qu’il s’agissait d’un homme raciste. Je suis en effet du genre à penser qu’il ne faut rien effacer dans l’Histoire, même le pire. Mieux vaut faire face à une réalité parfois dure plutôt que je se complaire dans une réalité alternative faite comme elle nous plaît.

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© Gossip Girl, CW.

  Mais est-ce que je peux quand même consommer ce contenu ? Et bien, selon moi, oui. On peut même venir à l’apprécier, mais le tout est de rester critique. On gardera tout de même à l’esprit qu’acheter un film, par exemple, d’un artiste qui nous est contemporain, c’est donner son argent à cette personne (en vrai c’est bien plus compliqué, mais je simplifie), et que ce n’est du coup peut-être pas la meilleure idée. Ainsi, je sais que je ne payerait jamais pour voir un film de Roman Polanski ou Woody Allen, et je conseillerai à tout le monde d’en faire autant, à moins qu’iels préfèrent envoyer à l’industrie du cinéma le message que les oeuvres de violeurs peuvent très bien marcher. Mais pour ce qui est des artistes défunts, je pense qu’il n’y a pas de problème. La question ne réside pas dans la consommation même pour moi, mais dans ce qui suit.

  En effet, le plus important à mes yeux est de propager la vérité sur l’artiste ou l’oeuvre. Ainsi, si on vient à partager sur un objet culturel ou son auteur-trice problématique, il est bon de mettre notre public (ce qui peut aussi bien être un-e amie avec qui vous discutez qu’un audimat plus grand) au courant des éléments problématiques qu’iels ne connaissant pas sur le sujet. Si l’on sait que l’on est dans une position où l’on peut potentiellement être en train d’encourager une/des personne(s) à consommer une oeuvre, il est important qu’iels s’y lancent en tout connaissance de cause, afin qu’iels décident d’elleux-même de leur comportement. Quitte à passer pour le-a relou-e de service, car c’est ce qu’il faut pour qu’on arrive à un monde où tout le monde est respecté, ou au moins où les personnes problématiques ne pourront plus s’en sortir comme si de rien n’était.

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© Pulp Fiction, Quentin Tarantino, 1994.

  Cependant, ça reste mon avis et le vôtre peut être bien différent ! Dans quel cas je suis ouverte à tout dialogue. En tout cas, cette façon de voir les choses me parait juste. Tout de même, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour me dire ce que vous en pensez !

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