Pourquoi j’aime… Les films d’horreur.

Sur les huit articles que j’ai sur ce blog pour l’instant, deux portent sur l’horreur au cinéma. C’est un assez bon ratio, qui doit laisser paraître mon intérêt pour le genre. Mais je n’ai pas toujours aimé ça, loin de là.

  Pour commencer, je pense qu’il est essentiel de faire un historique de ma relation à l’horreur. Quand j’étais plus petite, ma culture cinématographique se faisait grâce (ou à cause d’ailleurs) de ce qui passait à la télévision, plus exceptionnellement avec les locations DVD de ma sœur et très ponctuellement au cinéma. J’ai donc passé beaucoup de temps devant les tubes cathodiques quand j’étais enfant.

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© Poltergeist, Tobe Hooper, 1982.

  Bien sûr, comme beaucoup, étant petite j’étais effrayée par des films comme Les Gremlins (1984), qui a d’ailleurs fait que pendant longtemps j’étais terrifiée des potentiels gremlins cachés dans mon armoire. Cependant, mon vrai premier rapport à l’horreur n’était pas celui-là et a été réellement traumatisant.

  C’était sûrement un samedi soir, Hannibal (2001) passait à la télévision et je devais avoir environ 8 ans. Devant Hannibal à 8 ans. Autant vous dire que j’ai eu des nuits agitées les soirs qui ont suivis. Pourtant, mon comportement face à ce spectacle était assez paradoxal : j’oscillais entre dégoût, peur et fascination. En effet, je me souviens clairement que j’étais littéralement scotchée à l’écran (pendant que ma famille d’irresponsable me laissait regarder).

  En le revoyant récemment, j’ai pu découvrir à nouveau des scènes qui ont marquées mon cerveau au fer rouge : l’auto-mutilation au visage de Mason Verger, celle où Lecter mange le nez d’une infirmière, la pendaison de Rinaldo Pazzi par la fenêtre (les boyaux à l’air, accessoirement) et les cochons mangeurs d’Hommes. Autant vous dire que je n’étais vraiment pas prête pour voir ça, entre l’apprentissage de deux tables de multiplications.

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© Hannibal, Brett Ratner, 2001.

  J’aimerais vous dire que de là une histoire d’amour s’est créée entre moi et l’horreur, mais non. À partir de ce moment là, et pendant presque sept ans, c’était tout le contraire. J’étais bien trop effrayée pour regarder n’importe quel film qui avait la réputation de faire un tant soit peu peur. Je tremblais avant même que l’histoire n’ai pu se lancer, et c’est comme ça que je n’ai toujours vu que les 10 à 15 premières minutes de films comme The Ring (2002) ou Silent Hill (2006). D’ailleurs,  Saw (2004) était pour moi ce qu’il y avait de plus terrifiant au monde, et j’avais besoin de le regarder accompagnée, en plein jour, pour ne pas me pisser dessus.

  Du coup, j’ai eu une grande période de blanc au niveau du genre, jusqu’il y a deux ans. J’ai alors découvert la merveilleuse Jack Parker, qui dans sa passion pour ce cinéma, m’a donné envie de (re)tenter l’expérience.  C’est donc depuis très peu que je me suis vraiment mise aux films d’horreur, mais comme avec tout, je n’ai aucune mesure : quand je fais quelque chose, je m’y mets à fond ou je ne m’y mets pas. Même si le plus souvent, il faut l’avouer, c’est la deuxième option qui l’emporte, je me suis bien plongée dans l’horreur, à m’y noyer. Bien que en soi cet enthousiasme s’inscrit dans un intérêt général pour le cinéma, il n’en reste pas moins que je considère ça comme une passion à part.

  Le plus intriguant est que je suis passée de « je me chie dessus avant même d’avoir lancé le film » à « je cligne à peine des yeux aux jump scares les moins prévisibles », sans transition. Même si ça m’attriste un peu de ne plus avoir autant peur qu’avant (en tant qu’amatrice de montées d’adrénaline), je ne blâme absolument pas les films d’horreur pour ça.

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© The Rocky Horror Picture Show, Jim Sharman, 1975.

  En fouillant profondément dans mon inconscient, on doit pouvoir dire que cet intérêt relève de telle ou telle pulsion, je pense. En attendant, j’apprécie tout simplement les films d’horreur, même si c’est un genre très codé, qui utilise des ressorts usés au possible et avec du contenu parfois très problématique. Cependant, j’aime la façon dont beaucoup de ces films inversent le système empathique, ou dont ils font passer un message à travers le sensationnel. Puis, contrairement à ce qui peut être souvent entendu, je ne pense absolument pas que s’intéresser à ce cinéma nous rend pervers-e, loin de là. Et puis, si vous ne saisissez toujours pas pourquoi c’est un genre génial, j’ai déjà fait une liste des bienfaits de l’horreur.

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