Perfect Blue (Satoshi Kon, 1997) – Inspirations

À l’occasion de sa ressortie en cinéma le 9 mai, grâce à Splendor Films, je voulais revenir sur cette oeuvre qui est sans hésiter l’un de mes films préférés.

  Perfect Blue est le premier film de Satoshi Kon, qui était d’abord un mangaka. Ce réalisateur d’animation, qui nous a quitté en 2010, a produit quatre long-métrages en moins de 10 ans. Dès Perfect Blue il nous annonce des thèmes qui traverseront toute son oeuvre cinématographique : le rapport à l’identité et la perception de la réalité.

  Pour avoir un peu de contexte, il faut rappeler que Perfect Blue est l’adaptation d’un roman de Yoshikazu Takeuchi intitulé Perfect Blue: Complete Metamorphosis (traduction anglaise). Le projet initial était d’en faire un film classique, « live-action », mais après une réduction considérable, dans un budget qui était déjà assez petit, un film d’animation en a été fait.

  On y suit Mima, l’ex-membre d’un groupe d’idol japonaise, qui essaye de se reconvertir en actrice. Cependant, un de ses fans ne va pas apprécier ce choix. Sa vie va donc peu à peu devenir un enfer.

  Bien qu’en de nombreux points ce film est « purement japonais », il a très bien su s’exporter. Devenu une pierre angulaire de l’animation japonaise, il a aujourd’hui adopté un statut culte. Il a donc inspiré nombre de cinéastes, tout comme il paraît être lui-même inspiré d’autres films.

  Nous allons donc nous pencher sur ces influences, comme le film semble le demander à travers les innombrables mises en abyme de l’image qu’il contient.

 

Black Swan, Darren Aronofsky, 2010

  Ce premier film est une évidence. Aronofsky a une longue histoire avec Satoshi Kon. Déjà avec Requiem for a Dream (2000), il reprenait des éléments de Perfect Blue (la robe rouge et la scène de la salle de bain, au plan près). Les deux réalisateurs se sont même rencontré, et un remake avait été évoqué.

  Et bien qu’officiellement ce n’en est pas un, on peu presque parlé de Black Swan comme d’un remake de Perfect Blue. En effet, l’histoire est étrangement similaire, bien que placée dans un contexte différent, et on retrouve encore ici des parallèles visuels, notamment dans la récurrence des reflets.

Opening Night, John Cassavetes, 1977

  Je ne serais pas surprise d’apprendre que Satoshi Kon (et Darren Aronofsky aussi, d’ailleurs) a tiré une grande inspiration de ce géant du cinéma indépendant américain.

  On retrouve ici l’histoire d’une femme performeuse qui est poursuivie par une entité mentale extrêmement toxique et dangereuse. Cependant, ici en plus d’évoquer les difficultés qu’une femme doit traverser dans le milieu du divertissement, Cassavetes traite du rapport d’une actrice à la vieillesse (sujet aussi évoqué dans Black Swan).

Lost Highway, David Lynch, 1997

  Les deux films sont sortis la même année, ne laissant évidement pas le temps à aucun de tirer des influences chez l’autre.

  Cependant, il est très clair que Satoshi Kon a été très influencé par toute la cinématographie de Lynch en réalisant son premier film, car on y retrouve le même genre d’ambiance pesante et la volonté de faire perdre leurs repères aux spectateur-trice-s.

  Dans Lost Highway on peut donc noter le double féminin et l’obsession avec l’image, vidéo en l’occurrence. Mais on peut aussi trouver des parallèles avec Perfect Blue dans Blue Velvet (1986), Mulholland Drive (2001), etc.

Peeping Tom, Michael Powell, 1960

  Evidemment, le voyeurisme, qui est le propre du cinéma, est un sujet traité dans beaucoup de films, mais en voyant le stalker de Perfect Blue, il est impossible pour moi de penser à quelqu’un d’autre qu’au personnage principal de Peeping Tom.

  Dans les apparences, ils se ressemblent assez peu, mais la manie qu’a Satoshi Kon de nous montrer Me-Mania une caméra à la main est pour moi une référence explicite au film de Michael Powell.

Blow-Up, Michelangelo Antonioni, 1966

  L’espace d’une scène, Perfect Blue rend aussi hommage au chef-d’oeuvre d’Antonioni, car il nous présente une copie quasi-parfaite du photographe sans nom de Blow-Up. Cependant, il se permet d’aller un peu plus loin dans la connotation sexuelle d’un shooting photo.

  Voilà pour quelques références de et à Perfect Blue. Je n’ai fait qu’effleurer le sujet, mais si vous n’avez pas déjà vu ces films, vous aurez de quoi patienter avant de pouvoir retrouver le premier long-métrage de Satoshi Kon dans les salles obscures.

 

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