Climax (Gaspar Noé, 2018)

Cinquième long-métrage de Gaspar Noé, Climax a été présenté en première mondiale à Cannes 2018, au sein de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs. 

Tout comme avec Irréversible (2002), mais surtout Enter the Void (2009), Noé nous offre à travers cette nouvelle oeuvre une vraie expérience cinématographique, plus qu’un simple film. Impossible de passer à autre chose, comme si de rien n’était, une fois qu’il nous a fait tourner dans tous les sens pendant plus de 90 minutes.

Que ce soit grâce au montage (de Denis Bedlow et Gaspar Noé), à la photographie (de Benoît Debie) ou aux corps des danseur-euse-s, on est atteint aux tripes. On peut avoir envie de vomir par moment, et c’est peut-être, voire sûrement, l’intention, mais la question n’est pas là : Climax nous donne à vivre des sensations intenses, ce qui peut devenir un peu trop rare au cinéma.

Climax (Gaspar Noé, 2018)

Avec une mise en scène toujours aussi soignée et une forme de narration assez déconstruite, on retrouve tout ce à quoi on peut s’attendre de la part du réalisateur. Et c’est un problème.

Le film peut plaire, à celleux qui connaissent déjà l’oeuvre de Noé et celleux qui la découvre, mais au sein de sa filmographie, Climax semble un peu superficiel. On a l’impression de ne voir que les ressorts de ses autres films, mais vidés de leur sens cette fois. Cependant, je pense que Gaspar Noé a conscience de cette redondance, à la vue de l’habillage et des génériques du film, parodiant presque ses précédents longs-métrages.

L’autre défaut du film est son aspect brouillon. Créé en à peine 4 mois, en 15 jours de tournage et sans réel scénario, Climax est incomplet. Certes, certains de ces paramètres sont inhérents au type de cinéma auquel on pourrait rattacher le film, mais ce temps de gestation semble avoir été trop court pour le développement du propos. Ainsi, des éléments sont éparpillés au sein du film, mais de manière trop parcimonieuse pour nous laisser une quelconque piste de réflexion. On pourrait dire qu’on laisse au public le droit à sa propre interprétation, mais dans les faits, le public est simplement laissé confus.

Climax est donc une expérience à vivre, sûrement plus pour sa forme que pour son fond encore trop évasif, mais qui nous rappelle ce pourquoi on va au cinéma.

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